Ces pensées dont personne n'ose parler. Vous n'êtes pas seul·e à les vivre. Vous n'êtes pas un monstre. Vous êtes anxieux·se, et cela se comprend scientifiquement.
La peur terrifiante de perdre le contrôle et de faire du mal.
"Si j'ai ces pensées, c'est que je pourrais vraiment passer à l'acte"
Si ces pensées vous TERRIFIENT, c'est la preuve absolue que vous ne passerez JAMAIS à l'acte. Aucune personne avec phobies d'impulsion n'est jamais passée à l'acte.
Vous avez des pensées soudaines et violentes : "Et si je poussais cette personne sous le métro ?", "Et si je prenais ce couteau et...", "Et si je sautais par la fenêtre ?". Ces pensées vous horrifient, et c'est précisément pour ça que vous ne passerez JAMAIS à l'acte.
des personnes avec TOC ont des phobies d'impulsion
de passage à l'acte
s'améliorent avec la TCC
"J'évitais les couteaux, les balcons, je ne portais plus mon bébé. J'ai cru pendant 1 an que j'étais dangereux. Aujourd'hui je comprends que c'était mon cerveau qui me protégeait trop."
— Antoine, 31 ans, en rémission depuis 18 mois
En voiture : "Et si je donnais un coup de volant et fonçais dans le mur ?" "Et si je renversais un piéton volontairement ?"
Avec un bébé : "Et si je le laissais tomber ? Et si je lui faisais du mal ? Et si je l'étouffais ?"
En hauteur : "Et si je sautais ? Et si je poussais quelqu'un ? L'appel du vide."
Avec un objet tranchant : "Et si je me blessais ? Et si je blessais quelqu'un ? Et si je perdais le contrôle ?"
Dans les transports : "Et si je criais quelque chose d'horrible ? Et si je frappais quelqu'un sans raison ?"
Avec vos proches : "Et si je faisais du mal à la personne que j'aime le plus ?"
Pour "vous rassurer", vous développez des comportements de vérification :
Après avoir tenu un couteau, vous vérifiez vos mains pour être sûr qu'il n'y a pas de sang.
"Tu es sûr que je n'ai rien fait de mal ? Tu es sûr que le bébé va bien ?"
Rejouer la scène dans votre tête pour vérifier que vous n'êtes pas passé à l'acte.
"Suis-je un psychopathe ?", "Différence entre pensée et intention", "Peut-on passer à l'acte sans s'en rendre compte ?"
Si ces pensées vous terrifient, c'est la preuve que vous ne passerez JAMAIS à l'acte.
Un vrai psychopathe ne serait pas perturbé par ces pensées. Vous, si. Votre horreur face à ces images est la preuve de votre moralité, pas de votre dangerosité. Aucune personne souffrant de phobies d'impulsion n'est jamais passée à l'acte. Zéro. Jamais.
Votre cerveau génère des milliers de pensées par jour, dont beaucoup sont absurdes. Normalement, vous les ignorez. Mais votre amygdale hypersensible détecte ces pensées violentes et sonne l'alarme : "DANGER ! Tu as pensé ça, tu dois être dangereux !"
Résultat : vous vous focalisez sur ces pensées, ce qui les renforce. Plus vous essayez de les chasser, plus elles reviennent (effet rebond).
C'est comme si je vous disais : "Ne pensez surtout pas à un éléphant rose". À quoi pensez-vous maintenant ? À un éléphant rose. C'est pareil avec les pensées intrusives.
Pour "vous protéger", vous commencez à éviter toutes les situations qui déclenchent ces pensées. Mais l'évitement est le pire ennemi.
Éviter de tenir des couteaux, des ciseaux, tout objet tranchant
Éviter de porter des bébés ou d'être seul avec des enfants
Éviter les balcons, les fenêtres en hauteur, les quais de métro
Éviter de conduire ou d'être passager
Éviter de laisser vos proches partir seuls par peur de leur faire du mal
Le problème : Plus vous évitez, plus ces images deviennent puissantes. Votre cerveau enregistre : "Si j'évite, c'est que ces images sont vraiment dangereuses". Les ruminations se renforcent.
"C'est juste une pensée intrusive. Les pensées ne sont pas des intentions."
"Si cette pensée m'horrifie, c'est la preuve que je ne passerai jamais à l'acte."
"Mon cerveau génère du bruit mental. Je n'ai pas besoin de vérifier si je suis dangereux."
"L'anxiété est inconfortable, mais elle n'est pas dangereuse. Je peux la tolérer."
Voici comment commencer à désensibiliser votre amygdale, étape par étape :
Quand une pensée intrusive arrive, notez-la dans un carnet sans faire de vérification. "J'ai eu la pensée X à 14h30". C'est tout.
Commencez à résister aux vérifications. Si vous vérifiez vos mains 10 fois, ne les vérifiez que 5 fois. Puis 2 fois. Puis plus du tout.
Avec un thérapeute, exposez-vous volontairement aux situations redoutées. Tenir un couteau, être près d'un balcon, porter un bébé.
Retournez progressivement dans les situations que vous évitiez. Conduire, être seul avec vos proches, utiliser des objets tranchants.
Voici comment construire une hiérarchie d'exposition progressive pour une phobie d'impulsion (peur de faire du mal avec un couteau) :
Regarder une photo de couteau
Anxiété : 2/10
Être dans la même pièce qu'un couteau
Anxiété : 4/10
Toucher un couteau (sans le tenir)
Anxiété : 6/10
Tenir un couteau pendant 1 minute
Anxiété : 8/10
Couper des légumes avec un couteau
Anxiété : 9/10
Important : On commence par le niveau 1 et on ne passe au niveau suivant que quand l'anxiété du niveau actuel est descendue à 2-3/10.
La guérison n'est pas linéaire, mais voici des signes encourageants :
Les pensées intrusives arrivent toujours, mais vous y réagissez moins fort
Vous arrivez à résister aux vérifications de plus en plus souvent
Vous recommencez à faire des activités que vous évitiez
Vous avez des moments dans la journée où vous ne pensez pas aux phobies
Vous arrivez à dire "C'est juste mon TOC" plutôt que "Je suis dangereux"
Accepter la pensée
"Ok, j'ai eu cette pensée. C'est juste une pensée, pas une intention."
Ne pas la combattre
Plus vous essayez de la supprimer, plus elle revient. Laissez-la passer comme un nuage.
Arrêter les vérifications
Ne plus demander de réassurance, ne plus vérifier vos mains, ne plus chercher sur Google.
Exposition progressive (ERP)
Avec un thérapeute, s'exposer aux situations redoutées pour désensibiliser l'amygdale. Tenir un couteau, être près d'un balcon, porter un bébé.
Arrêter l'évitement
Réintroduire progressivement toutes les situations que vous évitiez. C'est difficile, mais c'est la seule façon de guérir.
Des millions de personnes vivent avec ces pensées. La différence, c'est que vous avez décidé de comprendre et de vous en sortir.