Ces pensées dont personne n'ose parler. Vous n'êtes pas seul·e à les vivre. Vous n'êtes pas un monstre. Vous êtes anxieux·se, et cela se comprend scientifiquement.
Les pensées les plus taboues, celles dont personne n'ose parler.
"Si j'ai ces pensées, c'est que je suis attiré·e par ces choses horribles"
Ces pensées sont l'OPPOSÉ de vos désirs réels. Votre dégoût est la preuve de votre moralité, pas de votre perversion.
Des images ou pensées sexuelles non désirées qui surgissent dans votre esprit et vous glacent le sang. Elles peuvent concerner des enfants, des membres de votre famille, des animaux, ou des actes violents. Vous êtes horrifié·e par ces pensées, et c'est normal.
des personnes avec TOC ont des obsessions sexuelles
de passage à l'acte
s'améliorent avec la TCC
"J'évitais les enfants, les parcs, les écoles. Je pensais être un monstre. Aujourd'hui je comprends que mon cerveau me protégeait d'un danger qui n'existait pas."
— Claire, 29 ans, en rémission depuis 2 ans
Avoir ces pensées ne fait PAS de vous un pédophile, un pervers, ou un criminel.
Ces pensées sont l'opposé de vos désirs réels. Si vous étiez vraiment attiré·e par ces choses, vous ne seriez pas en train de paniquer. Vous seriez en train de les rechercher. Votre dégoût est la preuve de votre moralité.
Votre cerveau génère des pensées aléatoires toute la journée. La plupart sont neutres ou absurdes, et vous les ignorez. Mais quand une pensée sexuelle inappropriée surgit, votre amygdale panique :
"ALERTE ! Tu as pensé à ça ! Ça veut dire que tu es un monstre ! Il faut surveiller cette pensée en permanence pour être sûr que tu ne passes pas à l'acte !"
Résultat : vous vous focalisez sur la pensée, ce qui la renforce. Votre cerveau anxieux interprète cette focalisation comme une preuve que la pensée est importante, donc il la génère encore plus. C'est un cercle vicieux.
Voici ce dont personne ne parle, mais qui torture des milliers de personnes :
Vous avez une pensée sexuelle inappropriée et vous sentez une sensation dans le bas-ventre, une chaleur, une tension. Votre cerveau anxieux hurle : "TU VOIS ! Tu es excité·e ! Tu es un monstre !"
La vérité : Ces sensations sont des réactions physiologiques automatiques au stress et à l'anxiété. Votre système nerveux est en alerte, votre circulation sanguine change, vos muscles se contractent. Ce n'est PAS de l'excitation sexuelle. C'est de l'anxiété qui se manifeste dans votre corps.
Vous vérifiez constamment si vous avez une érection ou si vous êtes lubrifiée. Chaque sensation devient une preuve que vous êtes attiré·e par quelque chose d'horrible.
La vérité : Le corps peut avoir des réactions physiologiques sans désir. L'anxiété provoque des afflux sanguins, des tensions musculaires, des sensations de picotements. Plus vous vérifiez, plus vous créez de l'anxiété, plus vous ressentez ces sensations. C'est un cercle vicieux.
Terme utilisé en TCC pour décrire ces sensations génitales qui apparaissent précisément parce que vous êtes hyper-focalisé·e sur cette zone. Plus vous y pensez, plus vous la surveillez, plus vous ressentez des choses.
Analogie : C'est comme si je vous disais "Ne pensez pas à votre langue dans votre bouche". Maintenant, vous la sentez, non ? C'est pareil. L'attention crée la sensation.
Un autre tabou dont personne ne parle : la peur déclenchée par certains vêtements ou situations visuelles.
Vous évitez de regarder les gens en tenue de sport, en collants, en leggings, ou tout vêtement qui fait ressortir les formes. Pourquoi ? Parce que votre cerveau anxieux dit : "Si tu regardes, ça veut dire que tu es attiré·e sexuellement. Et si c'était un enfant ou quelqu'un d'inapproprié, tu es un monstre."
La vérité : Remarquer visuellement qu'une personne porte des vêtements moulants n'est PAS une attirance sexuelle. C'est une observation neutre. Votre cerveau anxieux transforme cette observation en "preuve" d'un désir pervers. Ce n'est pas le cas.
Vous croisez quelqu'un dans la rue et vous pensez "Cette personne est belle esthétiquement". Immédiatement, votre cerveau panique : "ATTENDS ! Quel âge a cette personne ? Et si c'était un mineur ? Ça veut dire que tu es attiré·e par les enfants !"
Vous passez alors des heures à analyser : "Est-ce que c'était un adulte ? À quoi ressemblait son visage ? Ses vêtements ? Pourquoi j'ai pensé ça ?"
La vérité : Trouver quelqu'un "beau" esthétiquement n'est PAS une attirance sexuelle. C'est une appréciation visuelle neutre, comme dire "Ce tableau est beau" ou "Ce paysage est magnifique". Votre cerveau anxieux fait l'équation : Beauté = Sexe = Désir = Danger. Cette équation est FAUSSE.
Après avoir croisé quelqu'un, vous passez des heures à vous demander :
La vérité : Cette sur-analyse EST le problème. Plus vous analysez, plus vous créez de l'anxiété, plus vous cherchez des "preuves", plus vous en trouvez (qui n'existent pas). C'est un cercle vicieux.
Pour "vous protéger", vous commencez à éviter :
Le problème : L'évitement renforce votre croyance qu'il y a vraiment un danger. Votre cerveau se dit : "Si j'évite, c'est qu'il y a vraiment un danger". Le TOC se nourrit de l'évitement.
"C'est juste une pensée intrusive. Elle ne reflète pas mes désirs réels."
"Les sensations physiques sont dues à l'anxiété, pas à l'excitation sexuelle."
"Remarquer visuellement quelqu'un n'est pas une attirance sexuelle."
"Plus je vérifie mes sensations, plus j'en crée. Je dois arrêter de vérifier."
Voici comment commencer à désensibiliser votre amygdale, étape par étape :
Ne plus scanner votre corps pour chercher des "preuves" d'excitation. Chaque vérification crée plus d'anxiété.
Ne plus chercher "Suis-je un pédophile ?", "Différence entre pensée et désir". Chaque recherche renforce l'obsession.
Avec un thérapeute, retournez progressivement dans les lieux que vous évitiez (parcs, plages, salles de sport).
Avec un thérapeute, exposez-vous volontairement aux pensées redoutées sans faire de neutralisation.
Voici comment construire une hiérarchie d'exposition progressive pour les pensées intrusives sexuelles :
Aller dans un parc sans vérifier vos pensées
Anxiété : 3/10
Être dans un lieu public sans scanner votre corps
Anxiété : 5/10
Regarder un film familial sans vérifier l'âge des acteurs
Anxiété : 6/10
Aller à la plage ou à la piscine sans éviter de regarder
Anxiété : 8/10
Passer du temps avec des enfants de la famille
Anxiété : 9/10
Important : On commence par le niveau 1 et on ne passe au niveau suivant que quand l'anxiété du niveau actuel est descendue à 2-3/10.
Les pensées intrusives arrivent toujours, mais vous y réagissez moins fort
Vous arrivez à résister aux vérifications corporelles
Vous retournez dans les lieux que vous évitiez
Vous passez moins de temps à analyser vos pensées
Vous arrivez à dire "C'est juste mon TOC" plutôt que "Je suis un monstre"
Accepter que la pensée est là
Ne pas essayer de la chasser. Plus vous la combattez, plus elle revient.
Ne pas chercher de réassurance
Arrêter de demander "Suis-je un monstre ?" à Google ou à vos proches. Ça renforce l'anxiété.
Arrêter de vérifier vos sensations
Ne plus scanner votre corps pour chercher des "preuves". C'est cette vérification qui crée les sensations.
Arrêter de vérifier l'âge des gens
Vous n'avez pas besoin de savoir l'âge exact de chaque personne que vous croisez. Cette vérification alimente le TOC.
Arrêter l'évitement
Retournez progressivement dans les lieux que vous évitez (salle de sport, plage, etc.). C'est difficile, mais essentiel pour guérir.
Exposition progressive
Avec un thérapeute, s'exposer aux pensées redoutées pour désensibiliser l'amygdale.
Des millions de personnes vivent avec ces pensées. La différence, c'est que vous avez décidé de comprendre et de vous en sortir.