Ces pensées dont personne n'ose parler. Vous n'êtes pas seul·e à les vivre. Vous n'êtes pas un monstre. Vous êtes anxieux·se, et cela se comprend scientifiquement.
Images flash de violence qui surgissent sans prévenir.
"Ces images sont des prémonitions. Elles vont se réaliser"
Ces images n'ont AUCUN pouvoir prédictif. C'est votre cerveau anxieux qui génère du bruit mental pour "se préparer au pire".
Des images mentales violentes et graphiques qui apparaissent soudainement : accidents, agressions, sang, mort. Vous ne les voulez pas, mais elles s'imposent à vous. Plus vous essayez de les chasser, plus elles reviennent.
des personnes avec TOC ont des ruminations violentes
de réalisation des images
s'améliorent avec la TCC
"J'avais des images horribles d'accidents impliquant mes enfants. J'appelais ma femme 20 fois par jour pour vérifier qu'ils allaient bien. Aujourd'hui je comprends que c'était mon anxiété, pas des prémonitions."
— Pierre, 38 ans, en rémission depuis 2 ans
Images d'accidents : Voir mentalement un proche avoir un accident de voiture, tomber, se blesser gravement. Images très détaillées et réalistes.
Scènes de violence : Images de vous ou d'autres personnes en train de se faire agresser, torturer, tuer. Scènes graphiques et horribles.
Catastrophes : Visualiser des catastrophes naturelles, des attentats, des massacres. Imaginer vos proches dans ces situations.
Automutilation : Images de vous en train de vous blesser, même si vous n'avez aucune intention de le faire.
Mort de proches : Images répétées de la mort de vos parents, enfants, conjoint. Scènes de funérailles, de deuil.
Violences sur des animaux : Images d'animaux blessés, maltraités, même si vous aimez les animaux.
Pour "vous rassurer" que ces images ne vont pas se réaliser, vous développez des rituels :
Après avoir eu une image de leur mort, vous les appelez pour vérifier qu'ils vont bien. Parfois plusieurs fois par jour.
Consulter compulsivement les infos pour vérifier qu'aucun accident n'est arrivé.
Penser à des phrases "protectrices", toucher du bois, faire des gestes spécifiques pour "annuler" l'image.
Essayer de visualiser une "bonne" image pour effacer la "mauvaise". Mais ça ne marche jamais longtemps.
Ces images ne sont PAS des prémonitions. Elles ne vont PAS se réaliser.
Votre cerveau anxieux génère ces images comme une forme de "préparation au pire". C'est sa façon dysfonctionnelle d'essayer de vous protéger. Mais ces images n'ont aucun pouvoir prédictif. Elles sont juste du bruit mental.
Votre amygdale est en hypervigilance. Elle essaie de vous préparer à tous les dangers possibles en générant des scénarios catastrophes. C'est comme un système de sécurité défectueux qui sonne l'alarme pour tout et n'importe quoi.
Plus vous essayez de supprimer ces images, plus elles reviennent (effet rebond). Votre cerveau interprète votre effort de suppression comme une preuve que ces images sont importantes et dangereuses.
Ces ruminations sont souvent déclenchées par le stress, la fatigue, ou un événement traumatisant (avoir vu un accident, avoir perdu quelqu'un). Votre cerveau essaie de "traiter" cette information en la rejouant en boucle.
Pour "vous protéger" de ces images, vous commencez à éviter tout ce qui pourrait les déclencher :
Éviter les films violents, les séries policières, les actualités
Éviter de conduire ou d'être passager (peur d'imaginer un accident)
Éviter de laisser vos proches partir seuls par peur de leur faire du mal
Éviter les hôpitaux, les cimetières, tout ce qui rappelle la mort
Éviter de fermer les yeux (peur de voir les images)
Le problème : Plus vous évitez, plus ces images deviennent puissantes. Votre cerveau enregistre : "Si j'évite, c'est que ces images sont vraiment dangereuses". Les ruminations se renforcent.
"C'est juste une image mentale. Elle n'a aucun pouvoir prédictif."
"Mon cerveau génère ces images pour 'se préparer au pire'. C'est dysfonctionnel, mais pas dangereux."
"Plus je combats l'image, plus elle revient. Je la laisse passer comme un nuage."
"L'anxiété est inconfortable, mais elle n'est pas dangereuse."
Ne plus appeler vos proches pour vérifier qu'ils vont bien. Ne plus faire de rituels "protecteurs".
Quand une image arrive, la laisser passer sans essayer de la remplacer par une "bonne" image.
Regarder progressivement des films, lire des actualités, sans faire de vérifications après.
Conduire, laisser vos proches partir seuls, fermer les yeux sans peur des images.
Voici comment construire une hiérarchie d'exposition progressive pour les ruminations violentes :
Regarder une image de mort
Anxiété : 3/10
Regarder une image de violence
Anxiété : 5/10
Regarder une image de mort de proche
Anxiété : 7/10
Regarder une image de violence sur soi-même
Anxiété : 8/10
Regarder une image de violence sur un proche
Anxiété : 9/10
Important : On commence par le niveau 1 et on ne passe au niveau suivant que quand l'anxiété du niveau actuel est descendue à 2-3/10.
Les images arrivent toujours, mais vous y réagissez moins fort
Vous arrivez à résister aux vérifications compulsives
Vous recommencez à regarder des films, à conduire
Vous passez moins de temps à ruminer les images
Vous arrivez à dire "C'est juste mon anxiété" plutôt que "C'est une prémonition"
Accepter l'image
"Ok, j'ai cette image. C'est désagréable, mais ce n'est qu'une image mentale, pas la réalité."
Ne pas la combattre
Laissez l'image passer comme un nuage. Plus vous la combattez, plus elle persiste.
Arrêter les rituels de vérification
Ne plus appeler vos proches pour vérifier qu'ils vont bien. Ne plus faire de rituels "protecteurs".
Revenir au présent
Utilisez vos 5 sens pour vous reconnecter à la réalité : "Qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que j'entends ?"
Exposition progressive
Réintroduire progressivement les situations que vous évitiez. Regarder des films, conduire, laisser vos proches partir seuls.
TCC avec ERP
Travailler avec un thérapeute pour désensibiliser progressivement votre amygdale.
Des millions de personnes vivent avec ces pensées. La différence, c'est que vous avez décidé de comprendre et de vous en sortir.